dimanche 11 octobre 2009

1956 - 4ème bataillon du 18ème RT en Algérie

16 février 1956 : le 4ème Bataillon est créé, il comprend 3 unités de monteur de lignes fixes

18 mars 1956 : le 4ème bataillon part pour l'Afrique du Nord (A.F.N.)





 

Adjudant TORTORICI, adjudant d'unité du 4ème bataillon


Le commandant VIROT chef du 4ème batataillon sur le SIDI MABROUK


1956 - Personnels du 4ème bataillon, utilisant un poste émetteur récepteur type RT 77/GRC 9 GY

1956 - Personnels du 4ème bataillon sur le terrain en Algérie


1956 - Rassemblement des personnels du 4ème bataillon avantun départ en mission

Personnels du 4ème bataillon en 1956 lors d’une cérémonie de remise de décorations.

31 juillet 1956 : le 4ème Bataillon est dissous pour donner naissance à 3 Bataillons de Transmissions :




- 151ème Bataillon de Transmissions rattache à la Division d'ALGER,


- 152ème Bataillon de Transmissions rattache à la Division d'ORAN,


- 153ème Bataillon de Transmissions rattache à la Division CONSTANTINE.

Officier (lieutenant) du 4ème bataillon en Algérie :


                

Le télégraphe Morse

Le télégraphe électrique à fils repose sur l'utilisation d'un électro-aimant, c'est-à-dire d'une bobine de fil enroulé autour d'un morceau de fer doux, dans laquelle on fait circuler un courant électrique. Ce système constitue un aimant temporaire dont le champ magnétique n'existe que lors du passage du courant. Ainsi, on peut créer un mouvement de va-et-vient des armatures équipées d'un ressort de rappel par aimantation. Les attractions magnétiques se produiront et cesseront autant de fois que l'on fermera et ouvrira le circuit électrique. Le fonctionnement du télégraphe repose sur ce principe.

Une installation télégraphique se compose :
- d'une source d'énergie électrique (ex :pile Daniell).
- d'un transmetteur servant à envoyer les signaux.
- d'une ligne de fils conducteurs.
- d'un récepteur.

Le télégraphe Morse fut le premier télégraphe pratique et l'un des plus employés.

Le principe des télégraphes enregistreurs est de sauvegarder une trace des dépêches transmises.

Pour cela, Samuel Morse (1791 - 1872) qui était peintre et inventeur américain mis au point le télégraphe qui porte son nom et en 1832, l'alphabet correspondant. Ce système fût breveté en 1840.

L'alphabet Morse se compose de combinaisons de signaux longs et brefs appelés traits et points.


durée d' 1 trait = 3 points
intervalle entre deux signaux = 1 point
intervalle entre deux lettres = 3 points
intervalle entre deux mots = 5 points

Principe de fonctionnement du télégraphe Morse :

- Le manipulateur se compose d'un socle de bois sur lequel sont fixées deux bornes P et M et un levier, muni de deux contacteurs, qui peut osciller verticalement.
- Dans sa position de repos, le ressort éloigne le levier de la borne P.
- Quand on veut envoyer un message, on appuie sur la poignée du levier afin de mettre en contact la borne P avec l'un des contacteurs du levier. Le courant passe et est interrompu dès que l'on relâche le levier qui retourne dans sa position de repos grâce au ressort de rappel.

La manipulation de transmission est donc ainsi très simplifiée.

- Le récepteur fonctionne à l'aide d'un électro-aimant relié au fil de ligne et à la Terre.
- Quand un courant arrive la plaque de fer doux de l'électro-aimant est attirée et repoussée grâce au ressort de rappel suivant les ouvertures et fermetures du courant.
- Le levier est mis en mouvement et oscille. Il porte une pointe qui appuie sur une bande de papier.
La longueur de la trace laissée sur le papier dépend de la durée du passage du courant.


Téléscripteur de campagne à bandes en bronze 1914-1918, dans son coffret de transport en bois, avec inscription « Télégraphie Militaire » marque CH. MILDE & Cie PARIS.


      

Propriété de la salle d'honneur du 18ème régiment de transmissions.


Télégraphe Morse à bande enregistreuse utilisé pour l’instruction au 18ème régiment du génie,
fabriqué par le sergent-chef VERMANDE en 1936.

Propriété de la salle d'honneur du 18ème régiment de transmissions.

Télégraphe Chappe

Le télégraphe (du grec τηλε têlé, loin et γραφειν graphein, écrire) est un système destiné à transmettre des messages d'un point à un autre sur de grandes distances, à l'aide de codes pour une transmission rapide et fiable.

Tour de télégraphe Chappe

Pendant la Révolution française, Claude Chappe (1763-1805), ingénieur lyonnais, inventa, mit au point et réussit à imposer à l'État français son système révolutionnaire de transmission par sémaphores, notamment grâce au soutien de Joseph Lakanal : la Tour de Chappe.

Les frères Chappe réalisèrent le 3 mars 1791 une première expérience publique de télégraphe aérien de Brûlon à Parcé sur une distance de 14 km.

Les télégraphes aériens furent adoptés le 26 juillet 1793 par la Convention nationale.

Le 16 juillet 1794 la première ligne officielle Paris-Lille fût mise en service.

En quelques années, 5000 km de réseau et près de 533 stations étaient mis en place, couvrant une partie importante du territoire français.

Le succès du télégraphe optique s'estompa et Bonaparte réduisit en 1800 les crédits aloués à leur construction et entretien. Claude Chappe ne supporta pas ce désaveu et désespéré se jeta dans un puits en 1805 à l'âge de 42 ans. Les frères poursuivirent le développement du télégraphe optique jusqu'en 1830, date à laquelle il fût définitivement arrêté.

Le défaut du télégraphe de Chappe est qu'il ne fonctionne pas la nuit et par temps de brouillard.

Ce défaut a eu une importance considérable dans l'histoire de France :
Lors du retour de Napoléon pendant les cent jours, celui-ci débarqua le 1 mars 1815 avec 1200 hommes au Golfe Juan, mais Paris, alors sous le règne de Louis XVIII, ne l'apprit par le télégraphe de Chappe que le 5 mars 1815, pour cause de brume.
De ce fait, Napoléon ne fût intercepté (sans succès) qu'au lac de LAFFREY juste avant Grenoble, le 7 mars 1815.

Le télégraphe de Chappe fût remplacé ensuite par le télégraphe électrique.

Jusqu'à présent, les sites de télégraphe de Chappe, en raison de leurs emplacements, sont très recherchés pour installer des relais de communications hertziens et, même envisagés pour un type de télécommunications optiques très différent : les liaisons laser.

Le premier télégraphe était optique et totalement manuel. Les premiers usages du télégraphe de Chappe étaient dédiés à la communication militaire. Les messages pouvaient être transmis sur une longue distance par l'intermédiaire de relais espacés d'une dizaine de kilomètres et situés sur des hauteurs.

Principe de fonctionnement :

Le télégraphe des frères Chappe est un dispositif mécanique de 5 m de haut constitué :


- de deux ailes ou indicateurs de 2 mètres de long et de 30 cm de large.
- de contrepoids pour assurer l'équilibre de l'ensemble.


- d'un manipulateur pour mettre en mouvement les ailes.


- Le manipulateur modifiait la position des ailes pour transmettre un message selon un code établi.


- Ce message visible de loin était observé à l'aide d'une lunette.

Ces tours étaient munies d'un système de bras articulés actionnés manuellement par un opérateur via un système de poulies. L'opérateur surveillait au travers de deux lunettes situées de façon opposée la tour précédente et la suivante. Ainsi, il observait les signaux émis par le relais précédent et le retransmettait au suivant. Dans les premiers temps, deux personnes actionnaient le télégraphe. Rapidement, pour cause de restriction budgétaire, un seul opérateur fut chargé de surveiller les deux lunettes de la tour relais. Cela supposait une observation constante.


Télégraphe du Mont Saint-Michel

Ce système permettait de transmettre des messages beaucoup plus rapidement qu'avec le courrier à cheval, il reliait Paris à Marseille, ou à Brest, par exemple en quelques heures en utilisant un code formé de centaines de mots et phrases qui accélérait la transmission et garantissait une certaine confidentialité. Il fallait néanmoins compter 20 minutes pour qu'un code soit relayé de Paris à Brest. À raison de 40 secondes environ entre chaque mot ou expression, un message de 10 mots prenait une heure à faire le voyage, et cela en ne comptant pas les possibilités de paralysies en court de route (un relais continuait à répéter le signe tant qu'il n'était pas transmis, ce qui obligeait l'ensemble de la chaîne à répéter le même signal tant que le relais ne se faisait pas.)

Le code était transmis comme suit :


La position verticale indiquait l'absence de message à transmettre


La position diagonale prévenait qu'un message allait venir et constituait une position neutre entre deux messages.


Un premier code indiquait la page d'un livre dédié


Suite à une position diagonale des bras...


Un second code indiquait la ligne de la page.

Seuls le transmetteur et le récepteur (en début et fin de relais) avaient un exemplaire du livre. Cela permettait de transmettre des messages en toute confidentialité.


Liste des signaux


Livre des codes (extrait)

Les gros inconvénients du système étaient qu'il ne pouvait fonctionner ni la nuit ni par mauvaise visibilité, et qu'il mobilisait beaucoup d'opérateurs (un tous les 15 kilomètres environ).

Chronologie :
- Les 2 et 3 mars 1791, expérience d’un télégraphe optique avec un système de pendules synchronisées et d’un panneau optique blanc et noir entre Brûlon et Parcé.

- En juin 1791, Claude Chappe s’installe à Paris et réalise des nouvelles expériences à Ménilmontant.
- En avril 1793, le mot télégraphe fait son apparitions grâce à André-François Miot de Mélito.
- Le 1 avril 1793, le député Charles-Gilbert Romme plaide la cause du télégraphe Chappe devant la Convention Nationale.
- Le 12 juillet 1793, première essai sur 26 km entre Ménilmontant, Écouen et Saint-Martin-du-Tertre (Val-d'Oise).
- Le 25 juillet 1793, Claude Chappe est nommé ingénieur télégraphe par décret.
- Le 4 août 1793, le Comité de salut public ordonne le mise en place de la ligne Paris-Lille sous la juridiction du ministère de la guerre.
- Le 30 avril 1794, première essai de la ligne Paris-Lille.
- Le 30 août 1794, la première dépêche annonçant la prise de Condé-sur-Escaut : « condé être restitué à république, reddition ce matin 6 heures ».
- Le 3octobre 1974, décision de construire la ligne Paris-Landau.
- En avril 1795, prolongation de la ligne nord vers Bruxelles.
- En août 1798, mise en service de la ligne Paris-Brest.
- En juillet 1801, essai de nuits entre Ménilmontant et Saint-Martin-du-Tertre sans relais.
- En 1805, création de la ligne Paris-Turin.
- En 1810, la ligne nord va à Amsterdam et la ligne sud à Venise.
- Le 3 mai 1837, loi sur le monopole de la communication en France.
- En 1844, 534 tours quadrillent le territoire français reliant sur plus de 5 000 km les plus importantes agglomérations.
- En 1845, la première ligne de télégraphe électrique est installée en France entre Paris et Rouen, sonnant le glas des tours de Chappe.
- En 1855, abandon de la dernière ligne du télégraphe aérien.

samedi 27 juin 2009

Souvenirs ou la radiotélégraphie vécue

Mr Michel BAUDOIN

Je suis né en 1930. Après des années d'études primaires, de 1935 à 1944, j'ai quitté l'école à 14 ans, comme beaucoup de mes camarades à cette époque et je suis entré immédiatement dans la vie active comme ouvrier.
A 18 ans, j’étais bien évidement sans qualification. Papa rêvait de me faire faire des études afin de devenir dépanneur radio : "tu pourras être comme Monsieur B.., c'est un métier intéressant", disait-il. Monsieur B.., c'était le dépanneur TSF du coin.
Oui mais, comment faire ? Des études payantes n'étaient pas envisageables, alors ? La solution : m'engager dans les Transmissions de l'Armée de Terre par exemple.

C'est ainsi qu'au mois de juin 1948, à l'âge de 18 ans, je me suis engagé au 118ème Bataillon de Transmissions à Nancy.

Ce n'était pas si simple de réaliser ce rêve de devenir dépanneur radio ; je n'avais aucune formation en radioélectricité. Et puis, engagé à cette époque, on ne vous demandait pas vos desideratas.

J'ai d'abord été affecté à la section fil, comme monteur de lignes téléphoniques. Monter à des poteaux, cela ne me plaisait guère. Après quelques semaines, j'ai eu l'audace (eh oui ! l'audace, car on ne vous permettait pas trop de réclamer à cette époque), de demander à être versé à la section radio.

C'est à ce moment-là que j'ai commencé à apprendre la lecture au son du Morse.

Il fallait former beaucoup de radiotélégraphistes et c'est sans doute pour cela qu'il m'a été aussi facile de changer de spécialité. Je pensais déjà au Morse audio en 1948, quelques mois avant mes 18 ans. Je regardais les signes du Morse dans le dictionnaire.

Je m'imaginais (idée farfelue) que l'on pouvait écrire le Morse en sténo. J'apprenais, en même temps que les signes graphiques points et traits du Morse, la sténo méthode Delaunay. Lorsque je partais au travail le matin, je récitais le Morse dans ma tête. Mais, bien sûr, je ne récitais pas le son, je n'avais aucune idée de ce que c'était. J'avais vaguement entendu dire que le son du A était : " didah " mais quant à le reconnaître, les oreilles sur les ondes courtes du poste de TSF, je n'en n'étais pas à ce stade.

Sur le poste de TSF familial, j'entendais parfois des sons, peut-être du Morse ? C'était en tous cas incompréhensible pour moi.

Lorsque j'ai été affecté à la section Radio du 118ème B.T. à Nancy, l'apprentissage du Morse ne ressemblait évidemment en rien à l'idée (fausse) que je m'en étais faite.

Les sapeurs radiotélégraphistes de la section radio (on les appelait encore ainsi à l'époque), avaient commencé à apprendre le Morse quatre mois plus tôt. Il fallait, en quelque sorte, que je comble mon retard.

Pour mes débuts d'apprentissage du Morse, j'ai eu un Sergent instructeur pour moi tout seul pendant plusieurs semaines. Ensuite, deux autres engagés sont arrivés. Bien sûr, nous ne faisions pas que de la radio, nous suivions aussi des cours d'instruction militaire.

Les premières séances de lecture au son, j'ai bien cru que je ne parviendrais jamais à décripter du Morse audio. (Je précise audio, pour bien faire la différence avec le Morse optique, pour lequel on lit traits et points, alors que pour le Morse audio on doit écouter uniquement le son de chaque caractère).
Les premiers jours, je n'entendais qu'une suite de sons, sans distinguer les dit (points) des dah (traits).
Ensuite, j’ai eu pour instructeur le Sergent Valentin ; j'ai commencé à reconnaître les sons des caractères lettres, chiffres etc..
A partir de ce moment, tout a été très vite. J'ai appris par coeur le son de chaque caractère en peu de temps. Après huit à quinze jours, je lisais à VMH 600 (10 mots/min). Le cap des 800, 900 mots à l’heure fut franchi après deux à trois mois.
Mais pas celui de la manipulation !

Nous apprenions aussi à utiliser le poste de campagne SCR 399 qui comprenait : un émetteur BC 610 d'une puissance de 400 watts en graphie, les récepteurs BC 342, BC 312 ainsi que de nombreux accessoires. Il fallait aussi apprendre la procédure radiotélégraphique, les codes.

Après deux mois de service, j'ai passé avec succès un premier examen technique radio et j'ai obtenu le Diplôme n° 151/ Trans (Opérateur de poste Radiotélégraphique de Campagne) à Nancy le 18 août 1948.

Nous n'étions pas peu fiers, les titulaires de ce Diplôme ! Nous étions autorisés à porter, enfilé sur la patte d'épaule du blouson kaki, l'insigne noir en étoffe avec les lettres TSF en rouge.
Ce même insigne existait en couleur or. Mais pour être autorisé à le porter, il fallait avoir réussi les épreuves du CERTIFICAT N° 251 / TRANS. Je ne devais obtenir ce certificat que bien plus tard, pendant mon séjour au Cambodge en février 1951.

Pendant notre apprentissage de lecture au son du Morse, nous avions aussi des séances d'entraînement à la manipulation de Morse, uniquement avec le manipulateur vertical type PTT. L'instructeur écoutait notre manipulation et attribuait une note sur 20.

Et c'est ainsi, sans doute avec une formation insuffisante en durée, qu'un jour d'automne 1948, j'étais opérateur radio dans un shelter équipé d'un SCR 399 avec un Sergent pour chef de poste. Nous étions détachés pour les liaisons radio entre Lille et Nancy.

Notre véhicule GMC était garé au fond du parc des : « Grands Bureaux des Mines » à LILLE pour assurer la liaison radio avec Nancy.

Un soir, alors que le Sergent était en permission de spectacle, j'étais de service à la radio dans le shelter. Je devais assurer seul, pour la première fois, la liaison avec Nancy. C'était QRU (c’est-à-dire sans trafic) à chaque rendez-vous avec Nancy depuis plusieurs jours. C'est assez ému que je mis les appareils sous tension, pour le rendez-vous avec Nancy à l'heure prévue.
Je n'avais aucune expérience de trafic sur les ondes.
L'opérateur de Nancy m'a annoncé QTC (j’ai un message pour vous).
Avec une manipulation hésitante et tremblante, je lui ai transmis : " QRV " (je suis prêt à copier). Il m'a transmis un message manipulé rapidement, tellement rapidement que je n'ai rien copié. Je lui ai demandé de répéter le QTC (message) : " QRS " (veuillez manipuler plus lentement). C'est alors qu'il m'a transmis, répété plusieurs fois, un code de l'époque qui signifiait : "Changez d'opérateur, mettez un opérateur qualifié ".
J’étais très paniqué. Finalement, j'ai cessé de lui répondre et j'ai attendu que le Sergent rentre de permission vers les 23 heures.
Quand ce dernier est arrivé, je lui ai raconté ce qui s'était passé ; il n'a fait aucun commentaire. Il a appelé l'opérateur de Nancy et s'est mis à trafiquer avec lui à une grande vitesse. Je n'ai rien compris des échanges et je me demandais bien si j'arriverais à trafiquer un jour ?

De retour à Nancy, les cours radio ont repris en salle.

Une courte permission au moment de Noël et, à mon retour, j'ai appris que j'étais désigné pour effectuer un séjour en Indochine.

A partir de ce moment, j'ai manqué les cours certains jours, j'étais plus souvent à regarder et à écouter trafiquer un radiotélégraphiste professionnel dans le civil. Ce dernier faisait son service militaire et, ses classes terminées, il assurait maintenant le trafic radio avec des stations dispersées dans la région. J'allais souvent dans cette salle de trafic radio où il y avait très rarement des visites d'autorités. Je ne me lassais pas d'écouter le trafic échangé et de regarder faire l'opérateur.

Peu de semaines après, je partais en Indochine.
J'avais appris certaines choses, certains comportements : par exemple un calme exemplaire de la part de l’opérateur.. Mais je n’avais toujours pas de pratique.

Au début de mon séjour au Cambodge, j’ai été incorporé dans une équipe qui assurait l'écoute permanente d'une fréquence. Chacun notre tour, nous assurions un quart de jour ou de nuit. Nous devions répondre aux appels éventuels de stations dispersées dans la nature, dont nous avions la liste, stations susceptibles d'appeler, surtout en cas de péril, d'attaques des rebelles.., de messages urgents..

14 décembre 1949 - Phnom-Penh - Mr Michel Baudoin au poste radio de sécurité

Un jour, après minuit, appels d'une station, QTC (message) chiffré très urgent.
Je transmet QRV (je suis prêt à copier) et, comme à LILLE l'automne dernier, le message terminé, je n'avais presque rien copié, c'était beaucoup trop rapide pour le jeune opérateur que j’étais. J'ai demandé répétition du message et en deux codes : « Veuillez manipuler plus lentement et répéter les mots ou groupe deux fois ».
Mon correspondant s’est mis à manipuler plus lentement en répétant les groupes deux fois. Il était de toutes façons très important, que le message soit reçu. J'ai collationné le message, comme cela devait se faire.... au final tout était bon. J'étais satisfait et cela ma donné confiance pour une première fois. C’était le début de nombreux autres messages reçus ou transmis au fil des mois et des années.

Il faut signaler que le trafic en Morse, dans des régions comme l'Extrême-Orient, est beaucoup plus difficile à intercepter qu'en Europe, car il y a pratiquement toujours des perturbations atmosphériques, d’où des crachotements à la réception.

Imaginez-vous, lorsqu'il y a de l'orage en Europe ! En Extrême-Orient, c'était tous les jours qu'il fallait lire le Morse dans les crachotements atmosphériques.

Durant le séjour de 29 mois, je me suis perfectionné par de nombreux contacts et trafic en Morse. D'abord, en déplacement à pied en opération, (on marchait toute la journée avec seulement 2 à 3 heures de pause la nuit) l’émetteur-récepteur, un SCR 284 porté sur le dos ainsi que la génératrice à main. Nous étions deux opérateurs radios, l'un portait l’émetteur-récepteur, l'autre la génératrice. Le tout était très lourd, plus un fusil US 17 ou bien une mitraillette sten..... Arme plus de sécurité pour les radios que vraiment efficace, car on aurait bien été en peine de les utiliser en cas de péril avec tout ce barda si lourd.

Mon baptême du feu a eu lieu lors d'une opération en 1949, à ce moment-là on m'a demandé de mettre en oeuvre la liaison radio.. en phonie cette fois.
Ces opérations dans la rizière ou en forêt, opérateur radio détaché à la légion étrangère ou à l'infanterie, ont duré la moitié de mon séjour de 30 mois. L'autre partie du séjour, j'ai été affecté radiotélégraphiste dans un poste à Takéo au Cambodge. C'est là que j'ai appris à me débrouiller pour l'alimentation de la station sur accumulateurs au plomb qui étaient rechargés par un petit groupe dont je ne me souviens plus du nom. Peut-être était-ce un groupe BRIBAN ?

En 1951, c'était le retour en France.

Confirmé dans ma spécialité d'exploitant radiotélégraphiste par l'obtention de plusieurs certificats et diplômes, j'ai été instructeur radio pendant mon séjour de deux ans dans les forces françaises en Allemagne.

En 1954, j'ai été envoyé de nouveau d'office en Indochine pour deux ans.

De 1956 à 1959, c'était un séjour en Algérie.


1957 - Dra El Mizan - Algérie - Etablissement d'une liaison à l'arrière d'un dodge.

Après, de nouveau affecté dans les forces françaises en Allemagne et, pour terminer, affecté en France de 1964 à 1966. Pendant tous mes séjours hors de France, c'était toujours la Radiotélégraphie.

En 1966, j'ai quitté l'Armée et j'ai passé un concours d'Agent des transmissions. C’est ainsi que j’ai continué à œuvrer dans la radio jusqu'en 1982.

En 1982, j'ai quitté avec regret la radio, affecté à un autre travail qui n'avait plus rien à voir avec la radio, jusqu'à ma retraite en 1990.

1992 à 1993 - Le 18RT à Phnom Penh (Cambodge)

24 ans plus tard, le 18ème RT revient sur les traces de Mr Michel BAUDOIN au centre de transmissions de Phnom Penh.


Conformément aux Accords de Paris de 1991, de mai 1992 à septembre 1993, l'ONU eut pour mission de désarmer les différentes factions, de démobiliser leurs soldats et d'organiser des élections libres. Seule cette dernière mission fut vraiment remplie. Le mandat de l'APRONUC a pris fin en septembre 1993, avec la promulgation de la Constitution du Royaume du Cambodge et la formation d'un nouveau gouvernement.


Les personnels du 18 devant le centre de transmissions à partir de la gauche :
1er rang : Sgt SISTEL, Cch SCULIER, Ltn LEMERDY (chef de centre), Cch BUTEZ
2ème rang : Adj ALBOUI Guy, Cch PATTEY, Adj PEYLET Agnès, Cal BRANDALISE, Sch DUPONT Emmanuel


Courrier échangé entre les militaires du 18RT de Phnom Penh et d'Epinal

(Par note de service du 21 juillet 1992, la Direction centrale de la Poste aux armées a accordé la franchise postale pour les militaires français de l’APRONUC, pour les correspondances d’un poids inférieur à 10 grammes et à raison de 5 plis par personne et par semaine. Cette franchise était matérialisée par l’apposition sur les corerspondances d’un cachet dateur spécial, à double cercle, de 41 mm de diamètre, avec mention « UNITED NATIONS - UNIES UNTAC / APRONUC ».)


Tenue de sapeur télégraphiste du 18ème régiment du génie



Tenue bleu horizon modèle 1914-1918 du 18ème régiment du Génie, comprenant : un pantalon, une vareuse, une paire de guêtres et une paire de brodequins en cuir, un ceinturon et un casque (Propriété du musée du 18ème RT).


Insignes de col tissu du 18ème RG

Insigne de spécialité de télégraphiste

Galons brodés sur la manche




















Guêtres de cuir

jeudi 21 mai 2009

Chef de corps du 18ème Régiment de Transmissions d'Epinal à Bretteville sur Odon



Colonel HUCHER - Premier chef de corps du 18ème RT

Colonel SCOTT - 1953 à 1955

Colonel MOULINIE - 1955 à 1958

Colonel ALBERT - 1958 à 1960

Colonel MISSOU - 1960 à 1962

Colonel RICHARD - 1962 à 1963

Colonel BENOIT - 1963 à 1965

Colonel DUCHON - 1965 à 1967

Colonel BEAU - 1967 à 1969

Colonel COMES - 1969 à 1971

Colonel CAPMAS - 1971 à 1974

Colonel ABADIE - 1974 à 1975

Colonel PLANE - 1975 à 1977

Colonel GRIMBERT - 1977 à 1979

Colonel PELOTON - 1979 à 1981

Colonel VUIBLET - 1981 à 1983

Colonel ROLLAND - 1983 à 1985

Colonel KUNTZ - 1985 à 1987

Colonel DUVAL - 1987 à 1989

Colonel CHAMINADAS - 1989 à 1991

Colonel GADAUT - 1991 à 1993

Colonel DECOOL - 1993 à 1995

Colonel PLESSIET - Dernier chef de corps avant la dissolution en 1997

Colonel MAURICE - De la recréation en 2003 à 2005

Colonel LATAPY - 2005 à 2007

Colonel RAUX - 2007 à 2009

Colonel VITTE - 2009 jusqu'à la fermeture à l'été 2010

Chefs de corps du 18ème Régiment du Génie de Nancy



Colonel ROLLIN 1er chef de corps de 1923 à 1928

Colonel SIVOT - 1928 à 1932

Colonel SAINTAGNE - 1933

Colonel CHANCENOTTE - 1934 à 1936

Colonel GOETSCHY - 1936 à 1938

Colonel GILSON dernier chef de corps avant la dissolution en 1939

samedi 16 mai 2009

Une femme à la tête du 18e RT

Première dans l'histoire de l'armée de Terre. Une femme va commander un régiment : le 18e régiment de transmissions.

Reconstitué en 2003 après avoir été dissous en 1997, le 18e Régiment de transmissions (RT), basé à Bretteville-sur-Odon (Calvados) doit disparaître en 2010 dans le cadre de la réorganisation des armées.

La courte vie du 18e RT, seconde formule, ne l'empêchera pas d'entrer dans la grande histoire militaire : pour la première fois, un régiment de l'armée de Terre sera commandé par une femme. Il s'agit du colonel Dominique Vitte, 44 ans, qui prendra ses fonctions le 18 juin prochain.


Admise à l'école militaire de Saint-Cyr en 1986, promue lieutenant en 1989, Dominique Vitte rejoint l'école d'application des transmissions puis sert dans le renseignement pendant sept ans. Brevetée du collège interarmées de défense, elle est nommée au 8e régiment de transmissions du Mont-Valérien, à Suresnes, où elle est chef du bureau opérations-instruction. De 2003 à 2007, Dominique Vitte est en poste au centre de relations humaines de l'état-major de l'armée de Terre. Elle succède au colonel Patrick Raux, à la tête du 18e régiment de transmissions depuis 2007.

Dominique Vitte constitue une exception en prenant le commandement d'une unité opérationnelle. Même si celle-ci est destinée à disparaître. En revanche, d'autres femmes ont occupé des fonctions de commandement. C'est le cas de la base aérienne 117 de Paris-Balard (6 000 militaires), de l'école des transmissions de Rennes. Le commandement des écoles a également été commandé par une femme, la première « général » de l'armée de l'Air. Et la Marine a déjà promu une femme amiral.

vendredi 10 avril 2009

Bataille de Normandie 1944



La bataille de Normandie est l'une des grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen. Elle se déroule entre juin et août 1944 en Normandie, et permet aux forces alliées d’ouvrir un nouveau front en Europe, face aux troupes allemandes nazies. Elle débute le 6 juin 1944 — appelé Jour J — par le débarquement et le parachutage des premières troupes alliées sur et aux abords des plages de l'ouest du Calvados et de l'est du Cotentin pour finir entre le 19 (premières unités alliées traversant la Seine) et le 21 août (fermeture de la poche de Falaise), ouvrant la voie à la Libération de Paris le 25 août. Certains historiens considèrent que la bataille de Normandie s'achève le 12 septembre avec la libération du Havre.

Plus de 60 ans après, cette bataille reste la plus grande opération logistique de débarquement, trois millions de soldats principalement américains, britanniques, canadiens mais aussi d'autres forces alliées (Armée française, troupes polonaises, belges, tchécoslovaques, néerlandaises et norvégiennes) traversant la Manche pour débarquer en Normandie.
L'objectif des Alliés dans cette opération est de créer un second front, réclamé par Staline depuis 1942, en Europe du Nord-Ouest (opération Overlord), par la mise en place d'une tête de pont qui puisse ouvrir un accès assez rapide vers le cœur de l'Allemagne nazi. La progression du front italien, trop lente, ne permet pas, en effet, d'espérer une issue rapide en Europe.

  • s'emparer d'une tête de pont afin de prendre le nœud routier de Caen et le port de Cherbourg (opération Neptune).


  • élargir la zone par la conquête de la Bretagne et des ports de la façade atlantique d'une part, avancer jusqu’à une ligne Le Havre-Le Mans-Tours d'autre part.

lundi 22 décembre 2008

Décès de Jacqueline Fournier, l’une des dernières Rochambelles de la guerre de 39-45

Jacqueline Fournier, alias Jacquotte, une des dernières 35 « Rochambelles » de la seconde guerre mondiale, est décédée à l’âge de 98 ans. Les Rochambelles, nommées ainsi du nom du Comte de Rochambeau, compagnon de Lafayette, étaient les conductrices ambulancières de l’unité Rochambeau de la 2ème DB (2ème Division blindée du général Leclerc).

Jacqueline Fournier avait rejoint dès 1940 une unité de conductrices ambulancières créée par l’américaine Florence Conrad. Intégrée plus tard au 13ème Bataillon médical de la 2ème DB, elle a participé à la campagne de Normandie, à la libération de Paris le 25 août 1944, puis aux campagnes de Lorraine, d’Alsace et d’Allemagne, où elle ira sauver les blessés sous le feu ennemi.

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants , a exprimé à sa famille et à ses proches ses condoléances attristées.

Comme Jacqueline Fournier, 18 300 femmes militaires françaises se sont engagées pour la France en 39-45, pendant la seconde guerre mondiale (source Service historique de la Défense).


Jacqueline Fournier (à gauche) et Gabrielle Demay, dite « Crapette »
devant l’ambulance “Tante Mirabelle”

Voici un rapide historique du Groupe Rochambeau :
C'est l’américaine Florence Conrad qui est à l'origine de la création de ce groupe de 44 ambulancières. En 1941 elle décide, avec l'aide de nombreuses femmes américaines, de collecter de l'argent afin d'acheter des ambulances (19 au total) . En Amérique, elle engage 15 jeunes Françaises - comme Jacquotte Fournier - des volontaires qui veulent aider à libérer leur pays des nazis.Arrivé en 1943 au Maroc, où se constituait alors la 2ème D.B., le groupe a été versé au sein de la 1ère Compagnie du 13ème Bataillon Médical dans le Groupement Tactique Warabiot, sous le nom de Groupe Rochambeau en hommage au Comte Rochambeau venu aider les américains lors de la Guerre d'Indépendance.Leur mission était d'évacuer les blessés de la zone de combat et de les transporter jusqu'au poste de triage traitement (10-20 km du front). Toujours par deux dans chaque véhicule, pendant que l'une prodiguait des soins, l'autre conduisait sous le feu de l'ennemi.Arrivées près d'Argentan (dans l’Orne) les Rochambelles perdirent de façon mystérieuse l'une d'entre-elles, Micheline GARNIER. Interceptée par l’ennemi après s’être trompée de route, elle fut sûrement faite prisonnière mais on perdit ensuite totalement sa trace. Cette disparition ne fut jamais élucidée.

dimanche 7 décembre 2008

Epaulettes de tradition

Les épaulettes sont portées seulement sur la tenue de parade (tenue 31 - tenue de prise d'arme à partir de la tenue de combat).

L'épaulette trouve son origine des les premières armures, dans l'antiquité. Il s'agit d'une protection contre les coups d'épée, protégeant les épaules, à l'origine elles étaient faites en paille avec le bout tressé d'où les beaux trèfles blanc (maison du roi) sur les épaules des " gens d' armes " qui deviennent de "sergents d'armes " sous Saint Louis.

Les épaulettes de tradition sont composées de 3 éléments :
  • le corps- la corde / tournante
  • les franges
  • La tournante (ou corde), c'est la pièce à laquelle sont rattachées les franges.
Pour les officiers, sous-officiers et les caporaux-chef elles sont guipées (brodées) en métal de la couleur des boutons.




En principe, selon l'arme et la subdivision d'arme, chacun des éléments a une couleur caractéristique.

On connaît les épaulettes :
  • de l'infanterie : corps rouge / tournante rouge / franges rouges

  • des chasseurs à pied : corps vert / tournante jonquille / franges vertes


  • de la Légion : corps vert / tournante rouge / franges rouges


  • de l'infanterie de marine : corps jonquille / tournante jonquille / franges jonquilles

La ceinture de laine ou taillole

Certains disent qu’elle servait à "tenir le pantalon". En réalité, elle était destinée à soutenir et soulager les lombaires lors des rudes travaux des champs effectués à la main. Par la suite, lors des manifestations folkloriques, leur couleur symbolisait le corps de métier auquel on appartenait.


Elle est encore portée par les hommes de Provence et de Catalogne (la faixa)

La ceinture de laine pour les troupes d'Afrique était à l'origine et jusqu'en 1862 un accessoire vestimentaire de couleur variable, destiné à préserver des affections intestinales, en évitant les refroidissements.
Elle se portait alors sous les vêtements. Peu à peu, elle prend place sur la veste ou sur la capote, par coquetterie.



Longue de 4,20 m et large de 40 cm, elle nécessite l'aide d'un camarade pour être mise correctement.


Avant la seconde guerre mondiale la couleur verte fut retenue et devint le signe distinctif des troupes de forteresse.