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lundi 22 décembre 2008

Décès de Jacqueline Fournier, l’une des dernières Rochambelles de la guerre de 39-45

Jacqueline Fournier, alias Jacquotte, une des dernières 35 « Rochambelles » de la seconde guerre mondiale, est décédée à l’âge de 98 ans. Les Rochambelles, nommées ainsi du nom du Comte de Rochambeau, compagnon de Lafayette, étaient les conductrices ambulancières de l’unité Rochambeau de la 2ème DB (2ème Division blindée du général Leclerc).

Jacqueline Fournier avait rejoint dès 1940 une unité de conductrices ambulancières créée par l’américaine Florence Conrad. Intégrée plus tard au 13ème Bataillon médical de la 2ème DB, elle a participé à la campagne de Normandie, à la libération de Paris le 25 août 1944, puis aux campagnes de Lorraine, d’Alsace et d’Allemagne, où elle ira sauver les blessés sous le feu ennemi.

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants , a exprimé à sa famille et à ses proches ses condoléances attristées.

Comme Jacqueline Fournier, 18 300 femmes militaires françaises se sont engagées pour la France en 39-45, pendant la seconde guerre mondiale (source Service historique de la Défense).


Jacqueline Fournier (à gauche) et Gabrielle Demay, dite « Crapette »
devant l’ambulance “Tante Mirabelle”

Voici un rapide historique du Groupe Rochambeau :
C'est l’américaine Florence Conrad qui est à l'origine de la création de ce groupe de 44 ambulancières. En 1941 elle décide, avec l'aide de nombreuses femmes américaines, de collecter de l'argent afin d'acheter des ambulances (19 au total) . En Amérique, elle engage 15 jeunes Françaises - comme Jacquotte Fournier - des volontaires qui veulent aider à libérer leur pays des nazis.Arrivé en 1943 au Maroc, où se constituait alors la 2ème D.B., le groupe a été versé au sein de la 1ère Compagnie du 13ème Bataillon Médical dans le Groupement Tactique Warabiot, sous le nom de Groupe Rochambeau en hommage au Comte Rochambeau venu aider les américains lors de la Guerre d'Indépendance.Leur mission était d'évacuer les blessés de la zone de combat et de les transporter jusqu'au poste de triage traitement (10-20 km du front). Toujours par deux dans chaque véhicule, pendant que l'une prodiguait des soins, l'autre conduisait sous le feu de l'ennemi.Arrivées près d'Argentan (dans l’Orne) les Rochambelles perdirent de façon mystérieuse l'une d'entre-elles, Micheline GARNIER. Interceptée par l’ennemi après s’être trompée de route, elle fut sûrement faite prisonnière mais on perdit ensuite totalement sa trace. Cette disparition ne fut jamais élucidée.

dimanche 22 juin 2008

Recherches historique concernant le soldat SCHUSTER Henri, né le 29/09/1915 à MACKWILLER (67)

Depuis quelques temps, le petit fils de ce vétéran tente de retracer le parcours de son grand-père pour la période 1937 - 1945 afin de réaliser un mémoire en son honneur.

Nous savons par exemple qu'il a été incorporé au 18ème régiment du génie à NANCY (54), le 15 octobre 1936 sous le numéro matricule 35/672/01528.

7 novembre 1936 quelques jours après son incorporation à Nancy
Caserne de Nancy

Il a également été rappelé en 1938 par les autorités françaises comme c'était le cas pour des centaines de milliers de soldats.

Il a rejoint son unité et a été rapidement déplacé sur BITCHE (57) avant de rejoindre une unité du RIF sur la ligne Maginot secteur fortifié de ROHRBACH (57).
16 décembre 1937 à Bitche

10 mai 1940 au nord-est de ACHEN (57) le soldat SCHUSTER et ses camarades
dans quelques jours ils seront prisonnier

Le 21 juin 1940, il a été fait prisonnier par les Allemands et transféré dans un stalag sous l'identité suivante : soldat SCHUSTER Henri, né le 29/09/1915 à MACKWILLER (67), unité militaire 18ème régiment du Génie, 17ème Compagnie, 52ème division.
Insigne du 18ème RG et du détachement de Metz

Mr SCHUSTER recherche toutes photographies, tout écrit ou encore tout journal de marche du 18ème RG pour la période septembre, octobre, novembre et décembre 1937 alors que le régiment se trouvait à BITCHE (57) et évidemment pour la période 1939 et 1940 lors de l'invasion des Allemands sur le secteur fortifié de ROHRBACH (57).

Pouvez vous l'aider ? D'avance merci.
schusterpa@aol.com

lundi 24 mars 2008

Historique du quartier : Mission "Torture"

Après la capture par Denys Boudard et Jean Hébert d'un avion allemand à Carpiquet, le 29 avril 1941, pour rejoindre le Général de Gaulle, les Services Secrets anglais, étonnés par la facilité avec la quelle ils avaient pu s'en emparer, décidèrent de mener une grande opération de sabotage de la base aérienne de Caen-Carpiquet. Il y avait là en effet plus d'une centaine d'avions, qui semblaient faciles à approcher.

Préalablement à cette vaste opération il fallait confirmer les déclarations des deux jeunes pilotes français concernant les conditions d'accessibilité à cette base. C'est ainsi que fut organisée par le SOE, section RF, la mission "Torture". On rappellera ici ce qu'était le SOE : Spécial Operations Executive, service secret britannique, chargé de mener tous types d'actions dans les territoires occupés. Pour la France, le SOE se compose de deux sections distinctes. La section F, purement britannique, qui n'a aucun contact avec la France Libre et la section RF qui travaille pour de Gaulle. Il y aura longtemps une certaine animosité entre ces deux sections.
C'est dans un contexte de relations délicates entre les Anglais et les gaullistes que se prépare la mission Torture, sans grands moyens. Il s'agissait notamment d'organiser un service de renseignement dans la région caennaise et en particulier de recueillir toutes les informations sur la base de Carpiquet. A la lune de juillet, dans la nuit du 8 au 9, un stick de deux agents est largué, "in blind" aux environs de Rots, petit village non loin de cette base. Il est composé du lieutenant Henri Labit, très jeune observateur de l'armée de l'Air, né à Mézin en 1920 et du caporal de l'armée de l'Air : Jean-Louis Cartigny radio-opérateur, né à Paris en 1913, dont l'indicatif était : TAB W.

Leur mission est notamment, d'étudier avec précision les possibilités de sabotage de la base. Ce qui paraissait n'être qu'une simple formalité se révéla une catastrophe. En effet des traîtres français en contact avec la Gestapo dénoncèrent les deux agents. Henri Labit put s'échapper mais Jean-Louis Cartigny fut arrêté, condamné à mort et fusillé le 4 février 1942 au stand de tir de la caserne du 43ème d'artillerie à Caen. Son nom figure sur le monument de l'avenue G. Guynemer de cette ville.

La mission "Torture" sera partiellement reprise et réussie en août 1941. L'agent Burdeyron durant deux jours relève le plan de la base, les défenses et les installations. C'est par l'intermédiaire d'un autre agent de Caen, Pierre de Vomécourt que ces informations sont transmises au SOE. Gaston Burdeyron sera arrêté, ainsi que Pierre de Vomécourt, fin Avril 1942.

Henri Labit passé en zone libre organisera notamment le réseau de résistance : "Action R4" dans la région de Toulouse, ville qu'il connaissait bien pour y avoir effectué son entraînement au Centre d'Instruction de Bombardement en Juin 1940. Affecté à l'État-Major particulier du Général de Gaulle, il retourne à Londres le 14 janvier 1942. Il est nommé lieutenant le 19 de ce mois. Henri Labit sera à nouveau parachuté, dans la nuit du 2 au 3 mai 1942, à Sore dans les Landes, dans le cadre de la mission Bass. Il sera arrêté à Langon en tentant de franchir la ligne de démarcation. Après un échange de coups de feu, Henri Labit, cerné de toutes parts, se donnera la mort en avalant sa capsule de cyanure. Il sera fait "Compagnon de la Libération" à titre posthume le 13 juillet 1942. Promu commandant à dater du 1er mai 1942 il deviendra chevalier de la Légion d'Honneur. Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux.

Malgré la réussite partielle de la mission "Torture", la vaste opération de sabotage envisagée de la base de Caen-Carpiquet n'aura pas lieu.
En août 1944, un couple de Français qui avaient dénoncé Jean-Louis Cartigny et Henri Labit pour de l'argent, seront arrêtés. Ils seront jugés et condamnés pour haute trahison en décembre de la même année.



Plan de la base aérienne de Carpiquet relevé par la résistance française.

Historique du quartier : Jean Hébert et Denys Boudard, héros à 20 ans

Il y a des as de l’aviation dont tout le monde a entendu parler et puis il y a les inconnus de l’Histoire comme Jean Hébert et Denys Boudard dont l’action a permis aux alliés de connaître toutes les défenses de l'aérodrome de Carpiquet. Tous deux rêvent de devenir pilote. En 1939, le front populaire offre des bourses pour former des jeunes aviateurs, les deux amis en profitent. Ils sont au centre de formation à Evreux quand éclate la guerre.

Ils imaginent un plan pour rejoindre les forces alliées en Angleterre. Il se font embaucher par une entreprise de construction qui travaille pour l’occupant sur la base de Carpiquet. «Avec mon copain Jean Hébert, nous voulions à tout prix gagner Londres pour combattre dans la France Libre. Le 29 avril 1941, nous avons décidé de nous emparer d’un avion allemand. Notre choix est tombé sur un biplan Bücker-Jugmann qu’on est parvenus à voler sans que les gardiens s’en aperçoivent. »
Se faisant passer pour des ouvriers allemands ils parviennent à s’introduire à l’intérieur d’un biplan au nez des officiers. A l’audace s’ajoute la chance, le moteur flanche une fois puis repart, l’avion s’envole.

Mais les difficultés ne font que commencer car il leur faut aussi déjouer la surveillance britannique pour qui un avion marqué aux croix germaniques ne peut être que celui d’un ennemi. En fait tout se passe beaucoup plus facilement qu’ils n’auraient pu le craindre. Les 2 apprentis pilotes pointent à vue l’Angleterre sur un calendrier des PTT. « En survolant les côtes anglaises, on a fini par repérer un terrain militaire au sud de la Grande-Bretagne. L’atterrissage s’est opéré en douceur. Les soldats britanniques ont fait venir un sergent à qui on a baragouiné qu’on voulait remettre cette prise allemande à sa Gracieuse Majesté. Après on a été convoyés sur Londres et on a été aussitôt enrôlés dans la Royal Air Force. On voyait Clostermann. La France Libre était une petite équipe vous savez !»

Ils terminent leur formation de pilote au sein de la R.A.F. et rejoignent le front en 1943 dans le groupe « Ils de France » des Français libres. Tout s’était donc passé comme ces deux copains inséparables l’avaient rêvé jusqu’à ce jour fatal du 9 juin 1943. Ce jour là, les anglais prennent l’avion britannique que pilote Jean Hébert pour celui d’un allemand et l’abattent sans sommation. Un coup dont Denys Boudard ne se consolera jamais. «En plus, c’est moi qu’on avait chargé d’annoncer la nouvelle à sa veuve que j’ai rencontrée dans les ruines de Caen . Je sais qu’il y a des bavures dans la guerre mais ça, je ne pouvais pas le supporter. »

Denys Boudard revient seul de la guerre et entame une carrière de pilote d’essai qui le conduit au-dessus de l’Indochine. Il prend sa retraite à Caen. Il meurt le 9 octobre 2005 à l’age de 85 ans.

vendredi 8 février 2008

Historique du 18ème RT - 1939 à 1951 Dissolutions et créations successives

2 septembre 1939 : le 18ème Régiment de Génie est dissous pour former les compagnies télégraphiste et radio télégraphiste de Division et Corps d'Armée le long de la frontière qui vont assurer les communications des grandes unités des armées : la 4ème Armée, 3 corps d'armée, 9 divisions d'infanterie et 1 division de cavalerie.

En temps de paix c'est le 4° Bataillon du 18° Régiment du Génie qui assure la gestion, l'entretien et les travaux relatifs au réseau de transmission de la Région Fortifiée de Metz.

La guerre necessitant un effectif bien plus important que celui du temps de paix entraine dés la mobilisation la dissolution des régiments du Génie. Les effectifs de ces régimenst sont alors regroupés en bataillons du Génie de Forteresse, chaque bataillon couvrant un secteur fortifié.

Ces bataillons sont composés de deux compagnies d’ouvriers du Génie et de deux compagnies chargées de l’exploitation et de l’entretien du matériel téléphonique (Cies 20x/81) et du matériel de radiotélégraphie (Cies 20x/82) .
Central principal de l'ouvrage du Galgenberg

Elles sont placées sous le commandement de l’officier placé à la tête de la compagnie du temps de paix devenu Commandant des transmissions du secteur fortifié dés la mobilisation et basé au PC du secteur.

Les sous officiers en place dés le temps de paix et les sapeurs ayant pris une part active à la construction du réseau (dits sapeurs anciens) qui constituaient l’effectif de la compagnie du temps de paix forment dés la mobilisation l’encadrement des nouvelles compagnies constituées.

Secteur de Crusnes
204° Bon du Génie de Forteresse
204/1 Cie et 204/2 Cie
204/81 Cie de Sapeurs Télégraphistes
204/82 Cie de Sapeurs Radio Télégraphistes

Secteur de Thionville
203° Bon du Génie de Forteresse
203/1 Cie et 203/2 Cie
203/81 Cie de Sapeurs Télégraphistes
203/82 Cie de Sapeurs Radio Télégraphistes

Secteur de Boulay
202° Bon du Génie de Forteresse
202/1 Cie et 202/2 Cie
202/81 Cie de Sapeurs Télégraphistes
202/82 Cie de Sapeurs Radio Télégraphistes

Secteur de Faulquemont
201° Bon du Génie de Forteresse
201/1 Cie et 201/2 Cie
201/81 Cie de Sapeurs Télégraphistes
201/82 Cie de Sapeurs Radio Télégraphistes

Secteur de la Sarre
208° Bon du Génie de Forteresse
208 /1 Cie et 208/2 Cie
208/81 Cie de Sapeurs Télégraphistes
208/82 Cie de Sapeurs Radio Télégraphistes

Troupes de forteresse - 25 juin 1940 - Equipage et antenne fixe du poste radio
en place sur le mur de la casemate du Pont Saint-Louis

La compagnie mixte des transmissions 48/84 est affectée à la 2ème Division Légère de Cavalerie, chargée sous les ordres du Général BERNIQUET de BARRER devant Saint Valéry la route de la mer, 11 juin 1940. Elle est citée à l'odre de l'Armée. La 4ème compagnie en est l'héritière.

Avril 1940 dans les ardennes - 18 RG 2eme DLC
Sgt RENAUD Sgt ROIRET

Les difficultés pour communiquer éprouvées en mai 1940 mettent en évidence une insuffisance de moyens et la nécessité de soustraire les transmissions à la tutelle du génie.

1er juin 1942 : la subdivision « Sapeur Télégraphistes » du Génie devient l’Arme des Transmissions, par décret ministériel n° 3600/EMA/1 du 4 mai 1942, les transmissions deviennent une arme distincte du génie, au sein de l’armée d’armistice.Afrique du Nord entraîne l’invasion de la zone libre par l’armée allemande, et la fin de l’armée d’armistice. Néanmoins, le général Merlin prend à Alger la destinée de l’arme en main. Les transmetteurs reprennent le combat dans les campagnes de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne. Afin de privilégier l’engagement des hommes au combat, le général Merlin ouvre l’accès des transmissions aux femmes pour occuper des postes de centralistes téléphoniques et télégraphiques, et d’exploitants radio. Naît ainsi le corps féminin des transmissions. Ces spécialistes seront communément appelées « les Merlinettes ». Certaines participeront aux campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne.

10 février 1945 : création de 4 Centre d'Instruction et d'Organisation des Transmissions.Le C.I.O.T. 618 est stationné au camp STEHELIN à CAUDERAN près de BORDEAUX.

1er novembre 1945 : le 18ème Régiment des transmissions est créé à GRENOBLE, à partir du CIOT 618 et reçoit pour drapeau l’ancien emblème du 18ème Régiment de Génie démarqué « TRANSMISSIONS ». La plupart des unités entrant dans sa composition, issues des détachements des 1er CA, 2ème CA, 3ème DIA, 5ème DB, 10ème DI, ont fait campagne en AFN, en Italie, en France et en Allemagne avec la 1ère Armée.

Parmi ces unités, la compagnie de transmissions 807 est citée à l'ordre du corps d'armée avec attribution de la croix de guerre et étoile de vermeil. Ses fait d'armes reconnus vaudront au drapeau du régiment de porter l'inscription "Allemagne 1945" dans ses plis.

Les compagnies 806/1 et 806/3 dont les 1ère et 3ème compagnies sont héritières, ont été citées, elles aussi, à l'ordre du corps d'armée.

Dissous le 15 mars 1946, il est reconstitué le 1er mai de la même année à STEINBACH en ALLEMAGNE à partir des réserves de la 1ère armée. Cependant, la tradition voulant que le « 18 » soit un régiment de Lorraine, un second 18ème régiment de transmissions est créé le 1er avril 1947 à METZ (caserne GRANDMAISON à METZ pour le 1er bataillaon et caserne MOLITOR à NANCY pour le second). Les deux « 18 » vont coexister pendant trois mois avant que le « 18 » d’Allemagne ne prenne le numéro « 42 » le 18 juin 1947.


31 décembre 1947, le 18ème Régiment de transmissions de Metz est dissous. Les 2 bataillons autonomes deviennent le 18ème Bataillon stationné à METZ et le 118ème Bataillon stationné à NANCY et assurent la garde du drapeau.

Insigne du 118ème BT à Nancy

1er avril 1951 : le régiment est reconstitué à METZ à partir du 18ème Bataillon de Transmissions.


18 août 1951 : le 18ème Régiment des Transmissions rejoint EPINAL, dans les quartiers de la VIERGE.

Historique du quartier Koenig - Pendant la seconde guerre mondiale

Malheureusement, la Lutwaffe s'empare de la base en juin 1940. Les Allemands arrivent avant les avions neufs qui étaient espérés. La Luftwaffe prend d’assaut l’aéroport et l'utilise pour stationner ses escadrilles de bombardiers. Dans le fond des hangars, ils y découvrent des avions américains encore dans leurs caisses de transport ! Une unité d’élite de la Luftwaffe s’y installe.

Dès 1941, les Allemands construisent une piste en béton de 1000m pour le trafic de leurs avions.
Servant de base arrière pour la bataille d'Angleterre, ils effectuent 4 allers et retours chaque nuit pour aller bombarder Londres.
Les Allemands construisent de nouveaux hangars, bétonnent la piste et la rallonge à 2300 mètres.
Intérêt militaire et stratégique très important, cet aérodrome de Caen-Carpiquet est un objectif prioritaire pour les alliés le 6 juin 1944. Cette mission est confiée aux hommes du General R.F.L. Keller débarqués sur la plage de Juno beach.
Forces engagées à la libération :
Les unités alliées engagées pour cette opération sont :

  • Bataillons du North Shore Regiment,

  • Régiment de la Chaudière,


  • Queen's Own Rifles of Canada,


  • Royal Winnipeg Rifles,


  • Fort Garry Horse

Les défenses Allemandes :

La défense de l'aérodrome est énorme :

  • Blockhaus en béton armée,

  • Tourelles équipées de mitrailleuse ,


  • Canons antichars de 75mm ,


  • Canons antiaériens de 20mm ,


  • Casemates reliées entre elle par des souterrains ,


  • Nombreuses mines et barbelés entourant l'aérodrome

Mais surtout l'aérodrome est défendu par la redoutable 12SS Panzerdivision "HitlerJugend" sous les ordres du commandant Kurt MEYER (surnommé "Panzermeyer" après s'être forgé une solide réputation en Russie).


SS-Brigadeführer Kurt Meyer DR

L'assaut :
Deux résistants Caenais : Jean Hébert et Denys Boudart ont permis aux alliés de connaitre toutes les défenses de l'aérodrome.
Mais cela ne suffit pas car le 6 juin au soir la 8ème brigade Canadienne se heurte à la terrible 12ème SS Panzerdivision et l'objectif n'est pas atteint le jour J.

Le 4 juillet, le général Dempsey lance l’opération « Windsor ». Le premier objectif de cette opération est la prise de l'aérodrome de Carpiquet.

Pour mener l'attaque l'Etat-major du général Keller décide de mener l'attaque avec 4 bataillons d'infanterie appuyés par un régiment blindé et toutes les pièces d'artillerie dont ils pouvaient disposer.

L'assaut est donné par 2000 hommes de de la 8e brigade de la 3e division d’infanterie, aidé par le Royal Winnipeg Rifles et les chars du Fort Garry Horse.

A 5 heures du matin les Canadiens de la 8e Brigade partent à l'assaut du village de Carpiquet, avec une attaque de diversion du Royal Winnipeg Rifles. Les hommes suivent de près le terrifiant barrage d'artillerie, auquel participent les canons de la Marine.

Les Canadiens avaient à peine commencé à avancer à travers les blés qui leur montaient jusqu'à la taille, que les Allemands commencèrent à lancer obus sur obus.
Pour le North Shore Regiment, l'assaut de cette journée totalise 46 morts et 92 blessés.
Un aumônier se souvient : « partout vous pouviez voir les visages pâles des morts qui regardaient le ciel ».
Les survivants occupèrent le village de Carpiquet le 5 juillet après des corps à corps sans merci. La bataille est si terrible que certaines positions sont conquises au lance-flamme.

Un véhicule blindé est stationné en face des ruines
du monument aux morts et de l'église à Carpiquet.

L'attaque se poursuit vers l'aérodrome, avec les chars du Fort Garry Horse et l'infanterie du North Shore et de La Chaudière, elle échoue devant les solides fortifications allemandes.

Les Royal Winnipeg Rifles furent aussi décimés. Attaquant les hangars de l'aéroport à travers la piste découverte, leurs lignes furent criblées par le feu impitoyable provenant des casemates et des bunkers ennemis. Les Winnipeg Rifles avancèrent deux fois pour recevoir l'ordre de se replier à la fin de la journée.

Au cours de la nuit, les SS de la Hitlerjugend pilonnèrent les positions canadiennes du feu des mortiers et de l'artillerie, et montèrent plusieurs violentes contre-attaques. Ils encerclèrent certains des membres du Régiment de la Chaudière et les firent prisonniers. Néanmoins, les autres Canadiens tinrent bon sur un terrain durement gagné, mais les attaques sont brisées par les mitrailleuses des Cameron.

Mais les combats ne sont pas terminés et il faut encore 5 jours de combats acharnés, et l'offensive Charnwood pour prendre l’aérodrome aux grenadiers de la Hitlerjugend qui défendent leurs tranchées pour beaucoup jusqu’à la mort. Les Canadiens doivent même repousser plusieurs contre-attaques d’éléments de la Leibstandarte division appuyés par des chars.

Le 9 juillet, la 8e Brigade et les chars du 1st Hussars arrachent les derniers hangars aux grenadiers SS, qui défendent leurs tranchées jusqu’à la mort, après 4 jours de terribles bombardements et de violentes contre-attaques, les Canadiens remportent la victoire de Carpiquet. Maintenant ils se trouvent dans les faubourgs de Caen. Les combats ont été d'une violence inouïe. Un aumônier se rappelle : «partout vous pouviez voir les visages pâles des morts qui regardaient le ciel».

Les survivants du North Shore Regiment et du Régiment de la Chaudière occupèrent le village de Carpiquet après des corps à corps sans merci. « Carpiquet est un enfer », peut-on lire dans le journal de guerre du Régiment de la Chaudière.

Cette victoire à coûté cher...très cher, sur les 2000 hommes engagés dans l'opération on compte 371 personnes touchées, dont plus de 100 morts.
  • Les Winnipeg Rifles comptaient 40 morts parmi des pertes totales de 132;

  • Les North Shores, 46 morts et 86 blessés.

Carpiquet est encore connue comme « le cimetière » des North Shores parce que c'est là qu'ils subirent les plus grandes pertes de toute la campagne. «Je suis certain, qu'à un moment ou l'autre au cours de l'attaque, que chaque homme a cru qu'il ne pouvait aller plus loin», se rappelle un des soldats des North Shores. «Partout on voyait des morts et des blessés et l'avance semblait inutile et la situation désespérée. Je n'ai jamais réalisé ... comment la discipline, la fierté de son unité, et par-dessus tout, la fierté personnelle et de sa famille, peut permettre à un homme d'avancer, même si chaque pas signifie une mort possible».

Ce fut une autre dure leçon pour les soldats canadiens qui s'habituèrent rapidement à ces horreurs.