vendredi 21 mai 2010

Le 18e RT rend son drapeau samedi à Bretteville (Ouest France du 21 mai 2010)

Les 55 ha du quartier Koenig doivent être cédés pour l'euro symbolique à l'agglo. : Archives Ouest-France

La cérémonie officielle de dissolution du régiment marque la fin de la présence de l'armée de Terre dans l'agglomération. Les militaires quitteront définitivement les lieux le mercredi 30 juin.

L'histoire
En 1999, l'annonce de l'arrivée d'un régiment de transmissions, pour compenser le départ de l'École de Défense, avait été vécue comme un soulagement. La présence de l'armée de Terre à Caen, outre le symbole, était une manne économique. Mais cette fois, aucun uniforme kaki ne viendra compenser le départ des spécialistes des communications. Ils constituaient le seul régiment de Normandie.

Héritier du 18e Régiment du génie créé à Nancy en 1923, le 18e régiment de transmissions est créé à Grenoble en 1945. Il devient 42e RT puis s'installe à Épinal en 1951. En 1997, il est dissous.

Alors que les rangs militaires s'éclaircissent et que de nombreux régiments disparaissent avec la professionnalisation de l'armée, voulue par le président Chirac, le 18e RT renaît de ses cendres dans la loi de programmation militaire 2003-2008. Un premier détachement s'installe à Caen en 2000. Il reprend officiellement son nom de 18e RT en 2003. Au 1er janvier 2005, le régiment compte environ 1 000 personnes : 64 officiers, 380 sous-officiers, 417 militaires du rang, 79 personnels civils et 63 réservistes.

Des missions au Kosovo et en Afghanistan
Leur mission : assurer l'information (informatique) des états-majors et les moyens de communication (radio cryptée) pour les entraînements et les opérations extérieures. Les transmissions sont une arme technique, nécessitant une qualification approfondie, d'où un ratio important de sous-officiers dans les rangs. Afghanistan, Côte d'Ivoire, Kosovo... Les militaires caennais participent à diverses missions à l'étranger, avec pour armes les satellites, antennes et radios de leur système de liaisons sécurisées.

Les 700 militaires qui se trouvaient encore sur le site en janvier doivent être « réaffectés à 90 % à Douai, où se crée un régiment de transmissions », indiquait récemment le colonel Dominique Vitte, qui commande le 18e RT. Les autres iront combler les besoins d'autres régiments, partent en retraite ou sont en fin de contrat. Douai récupère également une bonne part du matériel technique.

L'Armée conserve tout de même un pied à Caen : elle n'a pas vendu les quelque 60 ha dont elle dispose à Verson. « Il est question d'y installer un futur radar de défense antiaérienne dont le modèle reste à définir », indique Dominique Vinot-Battistoni, maire de Biéville-Beuville, en charge du groupe de travail de Caen-la-Mer sur l'avenir du site.

Aurélie LEMAÎTRE.
Ouest-France

samedi 20 mars 2010

La couleur bleue des transmissions


La commission présidée par le maréchal Niel, qui est chargée d’étudier une réforme de l’armée après les déboires de la campagne du Mexique, fait adopter la création d’un service télégraphique aux armées, dont les moyens seront engagés de façon désastreuse au cours de la campagne de 1870. La conclusion, un peu hâtivement tirée, est que cette formule est inadaptée. Aussi en revient-on, en 1895, à faire appel à l’administration des télégraphes.

Une partie des personnels de cette administration est militarisé en cas de guerre, pour former ce que l’on appelle alors, les unités de « La Bleue » en raison de la couleur des uniformes (bleu foncé et bleu clair) portés par ces personnels militarisés.

Télégraphiste

C’est en souvenir de ces unités que l’arme des transmissions adoptera le « bleu-de-ciel » comme couleur de tradition.

Au lendemain de la victoire de la Marne, l'état-major part à la recherche d'une tenue plus appropriée aux guerres "modernes". Son choix se porte finalement sur un drap bleu, dont il reste à déterminer la nuance. Une teinture à base d'indigo est finalement élue pour donner le fameux bleu horizon. Ce drap est en réalité un mélange de laine blanche (35%), de laine bleue foncée (15%) et de laine bleue claire (50%).
Une couleur pour chaque arme :
En plus d'une nouvelle couleur pour l'uniforme, une couleur est attribuée à chaque arme. Cette couleur est utilisée entre autres pour les passepoils des bonnets de police, ceux des culottes et les insignes de col :
- de la couleur de l'uniforme " bleu horizon " pour les services de chemin de fer en campagne, les services de trésorerie et postes aux armées et la télégraphie militaire (à partir du 10 octobre 1915).

Démontage de la stèle de grés du 18ème RT

En prévision de la dissolution du 30 juin 2010, ce 08 mars 2010 la stèle de grès du 18ème RT est démonté pour rejoindre le musée des transmissions à Cesson Sévigné (près de Rennes).

Les fanions de compagnie et du chef de corps

La définition qu'en donne le Larousse est la suivante : petit drapeau employé à divers usages ; c'est bref et simple ; en fait c'est un morceau de tissu fixé à une hampe pour un usage pratique bien déterminé, sans qu'à l'origine aucune signification symbolique ne lui ait été donnée.

LES ORIGINES
Pour la première fois, on parle de lui dans le texte de 1469 organisant le corps des francs-archers, où il est prescrit aux capitaines - généraux de faire porter devant eux un fanion blanc. Il est aussi mentionné en 1661 comme un morceau de serge fixé à une hampe et, souvent décoré aux couleurs du régiment ou du chef, il sert au tracé des camps, aux alignements, aux jalonnements, à la figuration conventionnelle des unités non présentes, etc ... En bref, un rôle purement utilitaire, ses couleurs et son dessin n'ayant qu'un but d'identification.

UNE REGLEMENTATION PRECISE
C'est le 25 décembre 1811 que sort une réglementation précise. Les fanions sont carrés de 0,812 m de côté, sans franges ni cravates, ni inscriptions, les couleurs seront le blanc pour le 2° Bataillon, le rouge pour le 3°, le bleu pour le 4°, le vert pour le 5°, le jaune pour le 6°; le 1° Bataillon n'avait pas de fanion puisqu'il avait la garde de l'aigle. Les fanions n'étaient prévus que pour l'infanterie. Il est manifeste que dans l'idée de l'empereur les fanions ne devaient être que des objets utilitaires sans importance symbolique afin que l'ennemi ne puisse les prendre comme trophées. Mais à cette époque, les régiments étaient rarement rassemblés : le 5° bataillon était celui de Dépôt, les 4° et 6° étaient souvent des régiments provisoires. De ce fait, ces formations étaient dépourvues d'aigles et la tendance des chefs de bataillon fut de donner plus d'importance aux simples fanions d'alignement.
Avec la Restauration, le fanion disparaît, n'ayant plus d'utilité. En effet, les drapeaux des bataillons sont rétablis, chacun avec ses couleurs distinctives. Mais en 1822, avec la reconstitution des régiments, on revient au drapeau unique, d'où la réglementation des fanions. Le 1° bataillon l'a de couleur distinctive correspondant avec celle de l'uniforme, bleu, écarlate, jaune, cramoisi, orange, bleu céleste, brun suivant la série, le 2° bataillon l'a blanc et le 3° a un tranché (ou taillé suivant le côté où l'on regarde) de la couleur distinctive et de blanc. Néanmoins nous avons relevé dans une gravure parue en 1912 dans "Le carnet de la Sabretache" des fanions de compagnies d'élite du 10° de ligne : un bleu foncé à grenade rouge, et un autre bleu foncé à cor de chasse jonquille. Ces fanions étaient placés au sommet des tentes. A partir de 1830, le 2° bataillon prend le fanion tricolore et, depuis, une réglementation analogue s'est continuée jusqu'en 1914, prévoyant de simples fanions d'alignement sans ornement ni inscription. Cette réglementation ne concernait que l'infanterie, et il semble bien qu'avant 1914, les armes montées n'aient jamais eu de fanion.

FANIONS DE BATAILLON ET DE COMPAGNIE
Les Tirailleurs algériens, les "Turcos", furent à l'origine des fanions de bataillon et de compagnie. En effet, pour ces régiments, le drapeau restait à la portion centrale avec le colonel, et les compagnies étaient souvent isolées dans les petites localités du bled. De ce fait, les capitaines éprouvèrent le besoin d'avoir un emblème symbolisant l'unité; cette idée fut approuvée en haut lieu, et un texte du 20 janvier 1857 réglementa ces fanions qui étaient à la couleur du bataillon avec bordure et ornement aux couleurs de la compagnie, les ornements se limitant à une main accompagnée de quatre croissants, un dans chaque angle, le tout en drap découpé et cousu. Pas d'inscription, pas de frange, la hampe étant surmontée d'une simple boule de cuivre.


UN ERSATZ DE DRAPEAU
Déjà le fanion prenait un caractère symbolique très marqué et devenait un ersatz de drapeau. Sous le Second Empire, le régiment des Zouaves de la Garde était à deux bataillons. A partir de 1863 et jusqu'en 1870, il fut complété par un bataillon de Tirailleurs prélevé à tour de rôle sur les trois régiments.
A l'occasion de son arrivée à Paris, ce bataillon recevait un très beau fanion dont un exemplaire est encore conservé au Musé de l'Infanterie à Montpellier. Ce fanion était en soie brodée d'or avec une banderole portant le nom du régiment surmontée de la couronne impériale accompagnée dans les angles de croissants soutenant le numéro du bataillon.

UNE PROLIFERATION DE FANIONS
La mode des fanions de compagnie fut adoptée par les chasseurs à pied, certainement à l'imitation des turcos, lors de séjours de divers bataillons en Algérie. Ces fanions, dont la création restait à l'initiative des chefs de corps, se généralisèrent au cours de la Grande Guerre. C'est d'ailleurs durant cette période que le fanion se répandit dans toute l'Armée et prit une importance grandissante du fait qu'à chaque citation collective attribuée à une unité, la Croix de Guerre était solennellement accrochée au fanion sur le front des troupes. C'est souvent à l'occasion de cette citation que le fanion était créé, parfois même pour des formations plus petites que la compagnie : la prolifération de ces fanions qu'aucun règlement ne contrôlait, fut immense, et la variété de la symbolique considérable.

LA MARQUE SYMBOLIQUE DE L'UNITE
Dès lors, la mode lancée se développa, et rares étaient les compagnies qui, en 1939, n'avaient pas leur fanion. Dans la Cavalerie et surtout dans l'Artillerie, les fanions étaient assez peu répandus. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre Mondiale que le fanion fit l'objet d'une réglementation, d'abord par une circulaire très brève du 23 mars 1949, et plus tard par une circulaire du 26 mai 1953 beaucoup plus détaillée, précisant le cadre de la symbolique du fanion et faisant obligation au créateur de déposer une demande d'homologation. Dans son titre III alinéa 1, l'instruction précise :
"Le fanion est pratiquement devenu la marque symbolique de l'unité au même titre que l'insigne de tradition."
Cette instruction confirme également le choix des couleurs traditionnelles de chaque unité à l'intérieur du corps; ces couleurs ne sont pas celles des fanions d'alignement réglementaires avant 1914, mais celles des pompons portés sur les coiffures à la même époque. Par exemple, les bataillons d'un régiment ont dans l'ordre des numéros les couleurs bleu, rouge, jonquille, et vert; les compagnies ont les mêmes couleurs, les fanions de ces dernières présentant la combinaison des deux couleurs : par exemple la 5° Cie du 2° Bon (qui était la 1° du bataillon) devait avoir un fanion bleu et rouge. Lorsque les deux mêmes couleurs se rencontrent, l'une d'elles, en principe celle de la compagnie, est remplacée par le blanc ou le bleu ciel.
Le fanion tricolore est désormais interdit. L'instruction fixe les autres détails en laissant un choix assez étroit aux créateurs. De ce fait, les fanions modernes, s'ils y ont gagné en rigueur dans la symbolique, ont beaucoup perdu en variété et en fantaisie.


LES FANIONS DE COMMANDEMENT
Ils sont depuis longtemps réglementés par les bulletins officiels. Ils sont réservés aux Officiers Généraux suivant un code précis, un peu comme les marques de la Marine. Mais, depuis 1940, une mode est née, et on voit très souvent figurer sur ces fanions, au centre l'insigne de tradition de la grande unité. Le fanion de commandement a été aussi adopté par les chefs de corps, ce qui n'est absolument pas réglementaire, car en dehors des fanions d'unité, seuls sont admis ceux des unités inférieures à la compagnie sous réserve que cette petite formation ait fait l'objet d'une citation collective. Les fanions du chef de corps sont très variés.

dimanche 14 mars 2010

Le drapeau


Composé d'un tablier en soie de 90cm de coté divisé en 3 bandes tricolore, il est bordé d'une frange dorée de 5 cm sur trois cotés, le quatrième bord étant rattaché à une hampe en bois de 2m 11 et 32 mm de diamètre. Au sommet un cartouche portant les lettres R.F. est surmonté d'un fer de lance en bronze doré de 38 cm.

Le drapeau porte, inscrit en doré, sur l'avers,"République Française" et le nom du régiment et sur le revers, la devise "Honneur et patrie".

Aux angles supérieurs et inférieurs le numéro du régiment est entouré d'une couronne de feuilles de chêne.


Au sommet de la hampe deux bandes tricolore de 90 cm de long sur 24 cm (bordé d'une frange dorée de 8 cm) reprenant la couronne et le n° du régiment forment ce que l'on appelle la cravate. C'est sur celle-ci que sont accrochées les décorations que le drapeau reçoit au nom de l'ensemble du régiment pour l'action héroïque de ses hommes. En fonction du nombre reçu, le personnel peut se voir ensuite attribuer une fourragère à la couleur de la médaille .

Fer de lance, cartouche et cravatte

Sur le revers, en dessous de la devise "Honneur et Patrie", le drapeau, initialement vierge voit s'inscrire son histoire au fur et à mesure des grandes batailles auquel le régiment à pris part.

C'est ainsi que ce glorieux symbole rappelle la grandeur du rôle qu'il a joué sur tous les fronts du monde, ses triomphes et ses revers, souvent au prix d'innombrables vies. Ce sont tous ces sacrifices qui imposent le respect auquel chaque soldat se doit de rendre honneur.

Il porte l'inscription : ALLEMAGNE 1945

1er novembre 1945 : le 18ème Régiment des transmissions est créé à partir du CIOT 618 et reçoit pour drapeau l’ancien emblème du 18ème Régiment de Génie démarqué « TRANSMISSIONS ». La plupart des unités entrant dans sa composition, issues des détachements des 1er CA, 2ème CA, 3ème DIA, 5ème DB, 10ème DI, ont fait campagne en AFN, en Italie, en France et en Allemagne avec la 1ère Armée.
Parmi ces unités, la compagnie de transmissions 807 est citée à l'ordre du corps d'armée avec attribution de la croix de guerre et étoile de vermeil. Ses fait d'armes reconnus vallent au drapeau du régiment de porter l'inscription "Allemagne 1945" dans ses plis.

samedi 20 février 2010

Les compagnies du 18ème RT constituant le régiment en 1945-1946

Voici en détail, le récit historique des différentes unités de transmissions qui entrent dans la constitution du 18ème Régiment de Transmissions à Grenoble, le 1er novembre 1945, et surtout qui forment le 18ème RT en Allemagne, le 1er mai 1946 :


1ère compagnie :
Avant d’être la première compagnie du 18ème RT en Allemagne, cette unité porte successivement les appellations compagnie d’exploitation 807/2 à partir du 1er juillet 1943, et bataillon d’exploitation 827/1 à compter du 1er janvier 1944.
Stationnée en A.F.N., elle est mise à la disposition de la 1ère Armée, et fait mouvement sur le théâtre d’opérations en Italie, le 21 août 1944, elle débarque à Tarente le 28 août 1944, puis est dirigée le mois suivant sur la France.
Elle participe à la campagne et progresse de Marseille vers Dijon, Belfort et Strasbourg, puis pénètre en Allemagne le 11 mai 1945 et s’installe à Fribourg.


2ème compagnie :
La compagnie mixte de transmissions 925 est formée le 15 mai 1946 à Riom. Elle fait mouvement sur Balg, près de Baden-Baden le 21 juillet 1945, et devient la deuxième compagnie du 18ème RT à compter du 15 avril 1946.

3ème compagnie :
Lors de la dissolution du 44ème Groupe de transmissions, il est formé la compagnie 1/44 à la date du 16 janvier 1943, qui prend le nom de compagnie de transmissions 61/81 à partir du 8 juin 1943.  

44ème Groupe de Transmissions de l’armée d’armistice.

Compagnie 61/81

Cette unité parcourt toute l’Afrique du Nord, puis en mai 1944, elle est mise à la disposition du détachement d’Armée « A », embarque à Tunis pour l’Italie et débarque à Naples le 5 juin 1944 ; elle fait campagne et est dirigée le 2 août 1944 sur la France.
Elle débarque à Saint-Tropez le 5 août et participe aux opérations de la campagne de France. Par Aix en Provence, Dijon, Luxueil et Obernai, elle arrive en Allemagne le 30 mars 1945 et prend garnison à Bad-Kreusnach, le 8 septembre de la même année.

4ème compagnie :
Le groupement de télégraphie militaire 809 de l’Armée d’Afrique du Nord, devient la quatrième compagnie du 18ème RT en Allemagne à partir du 15 avril 1946 et s’installe à Rastatt le 1er août 1946.

5ème compagnie :
La compagnie de construction 806/1 stationnée au Maroc en 1943, devient le 15 avril 1946, la cinquième compagnie du 18ème RT ; elle se déplace dans toute l’Afrique du Nord, puis embarque le 14 décembre 1943 à destination de l’Italie.
Débarquée à Naples le 21 décembre, elle participe avec le C.E.F. (Corps Expéditionnaire Français) aux attaques déclenchées par la 2ème D.I.M. (Division d’Infanterie Marocaine) et la 3ème D.I.A. (Division d’Infanterie Algérienne), à partir du 12 janvier 1944.
Elle revient embarquer à Tarente le 3 août à destination de la France. Lors du débarquement à Saint-Tropez, le 16 août, elle est prise sous un violent bombardement de l’aviation allemande et subit de nombreuses pertes : 11 tués, 1 disparu et 73 blessés.
Elle participe à la campagne de France et par Aubagne, Mâcon, Besançon et Héricourt parvient en Allemagne, et s’installe à Karlsruhe le 11 avril 1945.
La 1ère compagnie du 18ème RT actuel est la dépositaire de ses traditions.

6ème compagnie :
Ex-compagnie de construction 806/3 de l’Armée d’Afrique du Nord, unité créé le 1er mars 1943 au camp de M’soum, elle effectue des travaux d’installation ou d’entretien des liaisons en Tunisie, Algérie et Maroc, participe aux opérations en Italie, où les premiers détachements débarquent à Naples le 22 novembre 1943. Elle fait mouvement sur Rome le 7 juin 1944, remonte vers Sienne puis revient embarquer à Tarente le 8 août pour Saint-Tropez. Elle participe avec la 1ère Armée, à la Campagne de France et se déplace successivement de Cuers à Aubagne, Dax, Sisteron, Grenoble, Mâcon, Mulhouse, puis à partir du 2 mai 1945 vers Wintzenheim, Weingarten et enfin Baden-Oos le 31 mai 1945.


La 3ère compagnie du 18ème RT actuel est la dépositaire de ses traditions.

7ème compagnie :
Descendante de la compagnie 811/2 créée le 16 juin 1943 à Touera, cette unité prend le nom de compagnie d’exploitation 807/1 le 1er octobre. Après avoir effectué divers travaux en A.F.N., la compagnie participe aux opérations d’Italie avec le C.E.F., jusqu’à Naples. Elle revient embarquer à Tarente à destination de la France ; dès son arrivée, elle participe aux opérations dans les environs de Marseille, puis remonte la vallée du Rhône et de la Saône et fait mouvement vers Besançon, Belfort, Landau et atteint Baden-Baden le 1er août 1945.

9ème compagnie :
Ex-compagnie de transmissions 841, la compagnie technique 841 est créée le 16 février 1944, avec les effectifs de la compagnie 82/84. Stationnée lors de sa formation à Ain-Temouchent, la compagnie s’installe le 18 février à Bou-Thelis près d’Oran, puis est embarquée à destination de Naples et Tarente où elle prépare son départ pour la France. Arrivée à Saint-Tropez le 16 août 1944, elle s’installe à Aix-en-Provence, puis fait mouvement vers Besançon, traverse Belfort et Strasbourg et arrive le 1er novembre 1945 à Rastatt.

10ème compagnie :
Ex-compagnie de parc mobile des transmissions d’armée 830, appelée compagnie d’atelier 830 est créée le 1er janvier 1944 à Casablanca (Maroc), elle embarque en septembre 1944 à Oran à destination de Marseille. Aussitôt elle se dirige sur Aix-en-Provence, puis Saint-Dié, passe le Rhin et s’installe à Rastatt le 12 avril 1946.

vendredi 5 février 2010

Les décorations des compagnies du 18

Pendant la première guerre mondiale l''action des sapeurs télégraphistes est héroïque. Ils déroulent leurs câbles sous la mitraille et les obus, avancent à la vitesse des vagues d'assaut jusqu'en première ligne, rampent pour réparer les fils coupés, récupèrent le matériel lors des replis et exploitent les centraux de campagne dans les pires conditions, parfois en présence de gaz toxiques.


Le détachement du 8ème Régiment du Génie attaché à la 38e division d'infanterie, sous les ordres des lieutenants Merlin, Pichery, Pauwels et Sambuc, s'illustre tout particulièrement et obtient la croix de guerre 14-18 avec palme le 13 novembre 1917. Deux nouvelles citations, avec étoile de vermeil et palme s'ajoutent le 19 avril 1918 et le 12 janvier 1919. Par une décision du 12 janvier 1919, ce détachement est autorisé à porter la fourragère aux couleurs de la croix de guerre.


La croix de guerre 14-18 est ensuite attribuée aux trois première compagnies en souvenir des valeureux sapeurs télégraphistes de l'Armée MANGIN lors de la seconde bataille de la Marne en 1918.


Le 10 avril 1923 né 18ème Régiment de Génie, héritier des traditions des valeureux sapeurs télégraphistes de l'Armée MANGIN dont les titres de gloires valent aux fanions des 3 premières compagnies du 18ème RT de porter la croix de guerre 14-18.

- 1ère compagnie : croix de guerre 14-18 avec palme et croix de guerre 39-45 avec étoile de vermeil pour la citation à l'ordre du Corps d'armée reçu par la 806/1 , en juillet 1944 pour faits d'armes, et dont est héritière la 1ère compagnie.


- 2ème compagnie : croix de guerre 14-18 avec palme,

- 3ème compagnie : croix de guerre 14-18 avec palme et croix de guerre 39-45 avec étoile deVermeil, pour la citation à l'ordre du Corps d'armée reçu par la 806/3, en juillet 1944 pour faits d'armes, et dont est héritière la 3ème compagnie.


- 4ème compagnie : croix de guerre 39-45 avec palme pour la citation à l'ordre de l'Armée de la compagnie mixte des transmissions 48/84 est affectée à la 2ème Division Légère de Cavalerie, chargée sous les ordres du Général BERNIQUET de BARRER devant Saint Valéry la route de la mer, 11 juin 1940 dont la 4ème compagnie est l'héritière.

Alexis Tendil le dernier poilu des transmissions

Alexis Tendil est né le 16 août 1896 au Teil (Ardèche). Un des derniers poilus, décédé le Mercredi 5 Octobre 2005 octobre à l'âge de 109 ans. Enfant brillant à l'école de la république à tel point qu'après son certificat d'étude l'instituteur insiste auprès de ses parents pour qu'il poursuive ses études. Ceux-çi préfèrent qu'il apprenne un métier, il deviendra alors électricien. A la déclaration de la guerre en 1914, il se présente pour partir à la guerre mais l'armée ne veut pas de lui le jugeant: "trop mince". En Janvier 1917, il est mobilisé au 7eme régiment du génie d'Avignon, il part alors pour Épinal, il se souvient : "Il passe un militaire qui dit: "il n'y a pas un électricien dans le coin ?", il répond : "Si, moi"." Il part alors pour Paris à l'école militaire : "Là, on m'a appris le morse et on faisait des cours d'électricité pour nous changer un peu. En électricité, j'étais pas le premier mais en morse, alors là... je l'étais toujours." affirmait-il.
 
Sa formation terminée, il est envoyé au front sur le chemin des Dames : "Notre rôle, c'était de capter les messages allemands pour savoir ce qu'il disait. Alors, on envoyait ça à l'état major et ils les classaient". Le 5 octobre 1918 il intercepte un message allemand d'une dizaine de lignes, qu'il ne comprend pas. Il l'envoie à l'état major français, qui, lorsque l'estafette revenu lui dit : "Je ne sais pas ce que tu as pris, mais quand les officiers ont découvert ton message, ils sont devenus comme fous". Son interception était en fait un message du Chancelier du Reich qui informait le pape (Benoît XV) de la capitulation imminente de l'Allemagne. Celui çi permit d'anticiper la fin de la guerre et de (comme il l'affirma) "sauver des milliers de vies" car l'armée française avait prévu une offensive massive, ce message annula tout.
 
Après l'armistice il poursuit sa profession d'électricien avant de postuler en 1945, aux houillères de Molières-sur-Cèze (Gard).
Il prend sa retraite en 1960. De retour en Ardèche, à Saint-Genest-de-Beauzon il coule des jours heureux auprès de sa famille. Il est contacté en 2000 par le général (2S) Jean-Pierre Faure, membre du conseil scientifique du Musée des Transmissions de Cesson-Sévigné. En 2001, il est reconnu “pionnier des opérations des écoutes de la guerre électronique” et reçoit du général Desvignes “l’insigne d’argent de la guerre électronique – numéro 2198 “ ainsi que la médaille d’argent de l’office national des anciens combattants remise par monsieur Masseret – secrétaire d’état à la Défense, chargé des anciens combattants.
Alexis Tendil, notre doyen dans l’arme des Transmissions et l’un des huit derniers poilus, nous a quitté à l’âge de 109 ans le 5 octobre 2005.
Il a été inhumé dans sa commune, en toute simplicité, mais en présence de nombreuses autorités civiles et militaires : monsieur Flory (député), monsieur Lherminier (conseiller général) et monsieur Ghebali (sous-préfet). Le chef de corps du 28ème RT, le colonel Pellistrandi et un piquet d’honneur ont rendu lesderniers honneurs à notre ancien.